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Montréal

Rivière St-Martin

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L’égout de la rue Craig (1)

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Library and Archives Canada, MIKAN no. 4126134.

La rivière Saint-Martin coulait à l’extérieur du mur de fortification de Ville Sainte-Marie. Le mur fut finalement démoli en 1817, marquant ainsi une nouvelle période d’urbanisation pour ce quartier en plein essor. Même si les nombreuses rivières parcourant l’île représentaient au départ des barrières qui rendaient plus difficile l’accès aux abords de la ville, ces voies d’eau ont fini par s’avérer utiles pour ce qui deviendrait le système d’égouts et d’évacuation des eaux de la ville.


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L’égout de la rue Craig (2)

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Archives de Montréal: VM66,S4,P017

Après la démolition des murs de la ville en 1801, un canal de drainage a été construit pour redresser le cours de la Saint-Martin. La rue Craig, aujourd’hui appelée rue Saint-Antoine, s’est créée le long de ce canal et petit à petit des gens, des commerces et des industries se sont installés le long de cette nouvelle route. Très vite, la voie d’eau nouvellement redressée est devenue le réceptacle des déchets locaux. La rivière Saint-Martin, anciennement le chemin des amourettes, n’était désormais rien de plus qu’un bassin d’ordures, de maladie et d’infection.


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L’égout de la rue Craig (3)

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Archives de Montreal. VM66,S4,P004

Le Dr William Caldwell, un médecin local, a lancé en 1832 une campagne visant à nettoyer la ville et à s’occuper des problèmes d’amoncellement des déchets. Au départ, ses efforts n’ont suscité que peu d’enthousiasme, mais bientôt l’état nocif des rivières était indéniable. Avant la fin de la décennie, les premières parties de la Saint-Martin avaient été recouvertes. En 1845, l’égout de la rue Craig était terminé, et toute la rivière avait été prudemment détournée sous terre.


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L’égout de la rue Craig (4)

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Archives de Montreal: VM4,S14,SSY,SSS1,D7

Il a fallu 3 ans, 91 Français et 61 Anglais pour construire le tunnel de 25 mètres (80 pieds) de long que devait traverser la rivière Saint-Martin transformée en égout. La documentation d’époque se félicite que les conditions du chantier étaient si bonnes que pas une seule vie n’a été perdue durant la construction de ce nouveau système d’égout. Le tunnel souterrain a été nommé l’Égout de la rue Craig d’après la rue qui s’était créée des deux côtés. La construction d’un nouvel égout représentait seulement la première d’une série d’améliorations urbaines. Ensuite, la rue a été élargie pour couvrir les six mètres de large de cette voie d’eau souterraine. La rue Craig est devenue la rue la plus large de cette ville en pleine expansion.


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L’égout de la rue Craig (5)

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Montreal Archives: VM66,S3,P009.

Le révérend Newton Bosworth, un pasteur baptiste, écrivait en 1839 en référence à la modernisation de la ville : « Ceux qui connaissaient la ville il y a sept ans et qui ne l’ont pas vue depuis, seraient bien surpris du changement s’ils devaient la visiter aujourd’hui, car ils pourraient à peine reconnaître les endroits qui leur étaient autrefois familiers. » En tête de sa liste d’améliorations : « le recouvrement du ruisseau, ou plutôt du fossé, une nuisance repoussante et dangereuse, dans la rue Craig. »


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L’égout de la rue Craig (6)

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Canadian Illustrated News, November 18, 1876

À la fin des années 1800, l’égout de la rue Craig était devenu trop petit pour les besoins croissants de la ville. Les fonctionnaires ont alors décidé d’agrandir le tunnel d’égout pour créer ce qui a été appelé « le tunnel monstre ». Ce surnom ne faisait pas seulement allusion à la taille du tunnel, mais également aux circonstances de sa construction. Pendant le chantier, les travailleurs sont tombés sur du sable mouvant, ce qui leur a posé énormément de défis. Le sol meuble et le sable mouvant continuent de poser problème aux entrepreneurs qui construisent le long de la rue Saint-Antoine même aujourd’hui.