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Montréal

Ruisseau Glen

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Le pont à chevalets en bois de CP

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McCord Museum, MP-0000.1671.7.

Aujourd’hui, c’est une arche en pierre, mais en 1889, il y avait un pont à chevalets en bois qui permettait aux trains du Canadien Pacifique partis de la gare Windsor de traverser le ruisseau Glen pour entrer dans Montréal. Ce pont de bois a été remplacé par l’arche de pierre seulement trois ans après sa construction. Côte Saint-Antoine s’enorgueillissait du fait que cette arche était son premier ouvrage public. Pendant de nombreuses années, une plaque sur laquelle on pouvait lire : « Érigé en 1892 par le conseil municipal de Côte Saint- Antoine » commémorait fièrement la construction du pont. Toutefois, les documents et la politique du Canadien Pacifique contredisent cette affirmation. Selon la politique du CP, la gestion, la construction et l’entretien des voies ferrées, des ponts et des tunnels peuvent seulement être assumés par la compagnie de chemin de fer afin de garantir une sécurité maximale. Alors, qui était responsable de la construction de l’arche? La documentation est contradictoire et peu claire. En vertu des usages de Côte Saint-Antoine, le remplacement du pont de bois faisait partie de la logique entourant la construction du nouveau système d’égouts et d’évacuation des eaux. Le conseil municipal avait décidé de recouvrir et détourner sous terre le nouveau système pour deux raisons. La première était dans l’intérêt de la santé publique : les épidémies de choléra du début du siècle avaient sensibilisé les fonctionnaires aux dangers des égouts à ciel ouvert. Et deuxièmement, les ingénieurs s’inquiétaient du fait que le débit accru créé par le détournement des égouts et des eaux de pluie dans le ruisseau Glen pouvait causer l’érosion de la ravine et potentiellement fragiliser l’intégrité du pont à chevalets en bois. Par conséquent, le nouveau système d’égouts ainsi que le ruisseau Glen allaient être sagement enfouis sous terre.