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Montréal

Rivière St-Martin

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Le fléau du choléra (1)

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McCord Museum: M985.230.5356.

Quand la population de la ville a atteint près de 20 000 habitants, les zones résidentielles sont devenues de plus en plus denses. De petites maisons collées les unes aux autres abritaient souvent de grandes familles étendues. Comme les services publics étaient encore très limités, les ordures se sont empilées dans les rues. Les résidants et les industries locales ont commencé à jeter dans les voies d’eau de la ville les ordures et les déchets qui s’accumulaient. Ces égouts à l’air libre émettaient des odeurs nauséabondes et ont fini par répandre des maladies.


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Le fléau du choléra (2)

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McCord Museum: M992X.5.82.

Pendant l’été 1832, le choléra asiatique a fait son apparition à Montréal et les rivières polluées sont devenues le conduit principal de la maladie. Quelques jours seulement après le premier cas diagnostiqué, plusieurs centaines de personnes étaient victimes du choléra. Un article de 1832 offre une description effrayante de la situation : « Dans toutes les rues, on pouvait voir des femmes au visage marqué par la terreur en train de pleurer... des charrettes transportant des cercueils, occupés chacun par quatre ou cinq personnes, passaient fréquemment... le commerce semblait paralysé... et bon nombre de nos citoyens quittaient la ville, une belle panique d’une nature presque indescriptible semblait s’être emparée de tous les habitants. »


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Le fléau du choléra (3)

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McCord Museum: M988.182.142.

Des remèdes superstitieux comme le fait de brûler des barils de goudron au coin des rues et tirer des coups de canons figuraient parmi les tentatives pour vaincre la bactérie endémique. C’est le Dr William Caldwell, futur fondateur de l’Hôpital général de Montréal et de la faculté de médecine de McGill, qui a été le premier à reconnaître la rivière Saint-Martin comme la source d’infection. Dans un premier rapport, Caldwell expliquait : « Le [choléra] s’est sans aucun doute limité dans une grande mesure à la frontière que trace cette voie d’eau et aux petites ruelles avoisinantes; à un tel point que je pense avoir parfaitement raison en précisant que 90 sur 100 cas se sont produits près des berges ou dans les ruelles qui en partent. »


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Le fléau du choléra (4)

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Library and Archives Canada, Acc. No. 1934-286-1.

Caldwell, qui a lui-même souffert du choléra pendant une courte période, a été l’instigateur de la première campagne anti-pollution à Montréal en août 1832. Sa tentative initiale n’a suscité ni intérêt ni coopération de la part des représentants locaux ou des résidants. Ce n’est pas avant 1839 que les premières parties de la rivière ont été recouvertes, et il a fallu attendre 1845 pour que toute la rivière soit sagement enfouie sous terre.