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Montréal

Rivière St-Martin

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Une grande évasion – ou presque! (1)

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Under Montreal, Andrew Emond.

En 1992, le criminel aguerri Marcel Talon concevait un stratagème élaboré pour voler 200 millions de dollars à la succursale de la Banque de Montréal rue Saint-Jacques. Son plan ambitieux consistait à s’échapper par le sous-sol de la banque, là où la plupart de l’argent était détenu avant d’être enfermé dans la chambre forte centrale, puis de s’enfuir par les égouts pendant que la police encerclerait le bâtiment plus haut. Ce plan nécessitait de creuser un tunnel de 9 mètres qui relierait l’égout sous la rue Saint-Antoine au côté nord du bâtiment. Ce système, également appelé l’égout de la rue Craig, canalise la rivière Saint-Martin enfouie. Talon et ses complices se sont servis des cartes des égouts de la ville pour planifier leur évasion. Ils se sont déguisés en employés de la ville, revêtant l’uniforme et conduisant un camion qu’ils avaient modifié moyennant 35 000$ pour qu’il ressemble à un camion de la ville.


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Talon, Marcel. Et que ça saute! : le dernier tunnel / Marcel Talon tel que raconté à Jean-Louis Morgan. Outremont: Éditions Alain Stanké, 2004.

La bande a choisi d’entrer dans les égouts par une bouche située à plusieurs kilomètres, au coin des rues Bonsecours et Saint-Louis. De là, ils ont navigué sur les eaux usées à bord d’un canot pneumatique motorisé jusqu’à l’emplacement qu’ils avaient choisi pour faire leur tunnel. Les préparatifs ont été particulièrement compliqués et ont duré un an. Avant même de commencer à creuser le tunnel, ils ont dû construire trois barrages pour relever le niveau des eaux, qui à certains endroits ne dépassaient pas 60 cm. C’était le seul moyen pour pouvoir naviguer en canot dans ces voies souterraines dès leur point d’entrée.


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Talon, Marcel. Et que ça saute! : le dernier tunnel / Marcel Talon tel que raconté à Jean-Louis Morgan. Outremont: Éditions Alain Stanké, 2004.

Au printemps 1993, la bande de criminels a finalement fracassé le mur du tunnel d’égout sous la rue Saint-Antoine et commencé à creuser en direction de la Banque de Montréal. Ils ont utilisé des poutres de bois et des poteaux de métal pour soutenir le tunnel et ont construit des digues autour de l’entrée pour éviter que les égouts ne l’inondent. Les préparatifs étaient enfin terminés : seul un mur de 7 cm d’épaisseur séparait désormais le tunnel de la banque. Le jour du cambriolage, les voleurs devaient pénétrer dans la banque par en-dessous et sortir avec leur butin de 200 millions de dollars en se forgeant un chemin dans le mur de 7 cm.


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Talon, Marcel. Et que ça saute! : le dernier tunnel / Marcel Talon tel que raconté à Jean-Louis Morgan. Outremont: Éditions Alain Stanké, 2004.

Après tout le temps, l’argent et les efforts consentis par les voleurs, leur plan a finalement été déjoué quand un petit arbre est passé au travers de la chaussée affaiblie pour tomber dans le tunnel. Lorsque les employés de la ville sont venus enquêter, ils ont découvert le tunnel. Les voleurs n’avaient jamais été arrêtés et l’origine du tunnel est restée un mystère jusqu’à ce que Marcel Talon se fasse prendre pour une tentative de vol d’un fourgon blindé en 1994. En échange de l’immunité, Talon a raconté au procureur de la Couronne l’histoire de l’égout Saint-Antoine. Des années plus tard, Talon a écrit un livre sur ses activités criminelles intitulé Et que ça saute! Un film, Le dernier tunnel, a finalement été tourné à propos de cette tentative de cambriolage. Aujourd’hui, cette section de l’égout de la rue Craig a l’air considérablement mieux entretenu, mais on peut encore voir des traces du tunnel de Marcel Talon. L’entrée en a été judicieusement murée par la ville, comme vous pouvez le voir sur la photo de l’endroit prise par Andrew Emond.